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Elites vs peuple: 1-0

L’élection française qui a vu la victoire de E. Macron issu du sérail financier adoubé, chéri par tout le « système » qui aura réussi l’exploit de créer, promouvoir et porter ce candidat inconnu, voici un an, du peuple qui l’a pourtant élu à la magistrature suprême risque bien d’apparaître plus tard comme un véritable cas d’école de l’inouïe manipulation des consciences citoyennes afin de toucher le but prédéfini.

Il faut dire que les « élites » essentiellement économiques et financières, les médias ne sont en définitive que leurs relais obligés, ont finalement estimé que dix ans d’irresponsabilités politiques suffisaient d’autant que les échecs tant pour « Mr Bling bling » de rendre, par son attitude de petit chef, toutes réformes impopulaires que pour « Moi, je », l’ennemi du monde de la finance déclaré ayant surtout brillé par son immobilité, ont eu pour effet de plonger tout un pays en déclin.
Seuls les déficits publics et dettes d’Etat, que par totale irresponsabilité ces présidents ont considérablement accrus,  sont, pour le monde financier, une compensation intéressante car cette dépendance au crédit international leur garantit une rente non négligeable sur plusieurs décennies…

Le changement, c’est pour aujourd’hui

A tout bien considérer et en conséquence de ce qui précède, le « système » qui n’est ni Big Brother, ni un club d' »élites » contrairement à ce que s’imaginent la plupart de ceux qui s’imaginent en faire partie quitte à s’autoproclamer comme telles a jugé qu’ils ne pouvaient courir le risque de subir cinq ans supplémentaires d’une présidence inefficace seulement mue par des concepts politiques défendus par une idéologie de partis minoritaires et donc, à peine au pouvoir, combattus par la majorité constituée par les perdants.
Voilà pourquoi, contrairement à ce qui a souvent été écrit dans les médias ou les réseaux sociaux, le flou du projet Macron voire son absence n’était en rien dû à une impréparation, un manque résultant de l’inexpérience tant du candidat que de son équipe mais bien à la volonté d’imprimer une image rassurante, non clivante, ouverte à toutes les suggestions ce qui, rappelons-le, est la caractéristique de pragmatisme réaliste des lobbys qui l’entourent en opposition aux politiciens qui font semblant de porter des valeurs sauf qu’ici encore, ces valeurs particratiques ne sont, par définition idéologique, que minoritaires et liées à leurs seuls électeurs.

Aussi, de manière magistrale, ils ont réussi à caster en un temps record puis à façonner (look, discours, attitudes) un candidat jeune et atypique réunissant, tel un clone, toutes les caractéristiques indispensables à pouvoir plaire au plus grand nombre et donc non issu d’un des partis dits de gouvernement avec pour premier slogan remarquable d’originalité de n’être ni de gauche ni de droite tout en étant les deux à la fois.
Pour permettre à ce candidat de réussir, fallait-il encore que toutes les composantes habituées à servir les intérêts de ces décideurs se rangent sous la bannière de cet inconnu et, il faut reconnaître que l’élimination qui n’a rien à voir avec le hasard des candidats de LR ou du PS avec pour résultat la qualification  de Marine Le Pen et du FN qui, de surprise, n’a ici aussi que le nom aura immédiatement permis ce rassemblement face à ce que tous n’avaient plus qu’à qualifier de repoussoir, de danger pour la sacro-sainte démocratie qui, telle une néo-dictature, propose un choix dont l’une des possibilités se voit interdite!.
Avec la mise en place réfléchie d’un tel scénario dans lequel aucune des cases n’a pas été cochée, le succès était assuré même si l’exploit restera remarquable dans son élaboration à la limite du cynisme.

Conclusion

Au delà de toutes considérations quasi éthiques sur l’élaboration stratégique, concertée de cette reprise en mains par le pouvoir économico-financier, il n’en reste pas moins que, contrairement aux promesses électoralistes, clientélistes de politiciens se disant toujours au service des citoyens tout en manquant singulièrement d’efficacité dans le service après-vente, l’entourage bien spécifique du nouveau président aura plus à cœur, cela non par esprit de justice ou de générosité subite mais bien pour préserver voire d’assurer ses propres intérêts, de satisfaire en partie nombre de souhaits exprimés par les citoyens ô combien déçus par les politiciens de carrière.
Peu de doute que ce président ne provoque, au moins dans un premier temps, à l’instar de ce qui s’est vu lors des résultats du premier tour, un renchérissement de l’euro et une hausse rapide des actions notamment financières…

La volonté de gouverner a toujours concerné les pôles politiques et économico-financiers avec, jusqu’ici, un effet de balancier entre eux offrait aux uns et aux autres l’opportunité de défendre à peu près équitablement leurs intérêts.
Il semble, au vu de ce qui se passe en France, en Grande-Bretagne, aux USA que le balancier ait choisi de revenir dans le camp du pouvoir économico-financier.
L’ultime champ au sein duquel les politiques ont encore la main reste celui d’une Europe dont, ici aussi, les pitoyables résultats dus à l’omnipotente technocratie sauront remettre en question ce qui n’est qu’une usine à recycler une quantité invraisemblable de fonctionnaires et de politiciens dont seuls les budgets de représentation et dépenses somptuaires sont remarquables.

 

Article sélectionné par le site AGORAVOX.
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